La mémoire de Bokassa vient d'être réhabilitée. Son pays vient de reconnaître, que contrairement à tout ce qui avait été dit sur son compte, c'était un bâtisseur qui défendait les intérêts
de la Centrafrique contre les ogres... Nous avons l...a mémoire courte et aujourd'hui, le même scénario se répète sous nos
yeux, tout simplement parce que Gbagbo a cru en la démocratie, là où les autres pensent plutôt à la démocrature.
Là où certains font parler les armes, il a voulu faire parler les urnes. Aujourd'hui, son Parti conteste le fait que dans la zone favorable à son adversaire, il n'y a pas eu vote et des meurtres
y ont même été commis. Pourquoi ceux qui se croient plus démocrates que Gbagbo, font-ils la sourde oreille face à cette contestation ?
Si cet homme n'était pas un démocrate, il n'aurait pas permis à la diaspora de participer aux élections ; il nous aurait fait un joli tour de passe-passe à la Campaoré, avec bien évidemment
toutes les bénédictions des institutions internationales. Malheureusement, comme il n'entend pas brader les ressources de son pays, comme il n'entend pas faire toutes les volontés de la droite
française, de bouygues, de Bolloré et des voleurs du cacao, cet homme est dit dangereux pour son pays.
Sankara, Lumumba et Samora étaient sur la même voie, celle de ceux qui ont osé remettre en cause les vestiges du passé. S'ils avaient réussi à le buter lui aussi, avec la complicité de l'armée
française (cela n'est plus un secret pour personne), toute l'Afrique en aurait fait un héros sur la place des martyrs.
Dans quelques années, comme pour Bokassa, nombreux sont ceux qui verseront des larmes de crocodile. Il en sera toujours ainsi, tant que les Africains n'oseront pas soutenir ceux qui osent
reinventer l'avenir. Je ne suis pas un prophète, mais j'observe les temps et je sais que nous en reparlerons un jour.